Un virement de 1 057 euros en moyenne qui atterrit sur le compte bancaire sans prévenir, avec un libellé énigmatique en majuscules : voilà de quoi faire sursauter n’importe quel titulaire de compte. Beaucoup de Français ont eu ce réflexe cet été en découvrant une ligne mystérieuse signée « DGFIP FINANCES PUBLIQUES ». Premier réflexe : appeler sa banque pour signaler une anomalie, voire une fraude. Sauf que la réponse du conseiller a de quoi surprendre, et surtout, rassurer.
Un virement mystère qui a fait sonner l’alarme
Tout commence par une notification bancaire anodine, puis la stupeur : un virement inconnu, sans explication claire, avec pour seul indice le libellé « REMB IMPOT REVENUS ». Pour beaucoup, ce genre de mouvement d’argent inattendu évoque immédiatement une arnaque ou une erreur de manipulation de la part de la banque. Le réflexe est donc logique : contacter son conseiller pour signaler ce virement suspect, avant même de chercher à comprendre son origine. Ce cas de figure n’a rien d’isolé, puisque chaque année, entre 13 et 16 millions de contribuables reçoivent ce type de virement sans forcément en connaître la raison précise. La confusion est d’autant plus grande que le montant peut varier fortement d’un foyer à l’autre, sans lien apparent avec les revenus habituels du compte.
La phrase du conseiller qui change tout : ne touchez à rien
Face à l’inquiétude du client, la réponse du conseiller bancaire tient en une phrase, aussi simple qu’efficace : « Ce n’est pas une erreur, c’est votre argent, la DGFiP vous le doit ». Et pour cause : il peut s’agir d’un remboursement ou d’un crédit d’impôt, versé automatiquement par la Direction générale des finances publiques. Ce virement correspond soit à un trop-perçu d’impôt sur le revenu, dû à un taux de prélèvement à la source trop élevé, soit à un complément de crédits et réductions d’impôt liés à des dépenses spécifiques comme les dons, l’emploi à domicile, la garde d’enfants ou l’investissement locatif. Autrement dit, il ne s’agit ni d’un piège, ni d’un bug informatique, mais bel et bien d’un versement légitime que le fisc effectue de sa propre initiative. Signaler ce virement comme suspect, et pire encore, le renvoyer ou le bloquer, reviendrait donc à se priver d’une somme qui appartient de plein droit au contribuable.
Cette année, à la fin du mois de juillet, ce sont 12,6 millions de foyers fiscaux qui ont vu leur compte crédité par la DGFiP, avec un versement effectué en deux vagues successives, le vendredi 24 et le vendredi 31 juillet, pour des raisons de gestion des flux bancaires. Un simple coup d’œil à l’avis d’impôt, déjà disponible sur l’espace particulier du site impots.gouv.fr, permet de vérifier immédiatement l’origine du virement et son montant exact.
Ce qu’il faut retenir avant de signaler le moindre virement
Avant de paniquer face à un virement inconnu, un réflexe simple s’impose : vérifier le libellé exact et l’expéditeur affiché sur le relevé bancaire. Deux mentions reviennent régulièrement selon la période de l’année :
- « REMB IMPOT REVENUS », versé fin juillet, correspondant à un trop-perçu d’impôt sur le revenu
- « AVANCE CREDIMPOT », versé à la mi-janvier, correspondant à une avance de 60 % sur les crédits et réductions d’impôt habituels
Ce second virement, qui profite à environ 9 millions de foyers, s’élevait en moyenne à 634 euros en 2024 et 639 euros en 2025, et reviendra logiquement à la mi-janvier 2027 selon le même calendrier. D’autres remboursements ponctuels peuvent également apparaître à d’autres moments de l’année, comme un trop-perçu de taxe foncière mensualisée à l’automne, ou une correction déclarative traitée directement par les services fiscaux. À l’inverse, certains virements ayant existé par le passé, comme le remboursement de la contribution à l’audiovisuel public ou l’indemnité carburant, ont totalement disparu du calendrier fiscal et ne reviendront plus.
Il arrive également que le virement provienne non pas de la DGFiP nationale, mais d’une Direction régionale (DRFiP) ou départementale (DDFiP) des finances publiques, notamment pour des cas particuliers de remboursement local. Dans tous les cas, le tableau suivant résume les principaux repères à connaître pour identifier un virement du fisc :
| Période | Libellé | Montant moyen |
|---|---|---|
| Fin juillet | REMB IMPOT REVENUS | 1 057 euros |
| Mi-janvier | AVANCE CREDIMPOT | 634 à 639 euros |
Avant de décrocher le téléphone pour signaler une opération bancaire comme frauduleuse, un détour par son espace personnel sur le site des impôts permet donc bien souvent de lever le doute en quelques secondes seulement.
Ce virement surprise n’a finalement rien d’inquiétant : il s’agit d’un simple rattrapage entre ce qui a été prélevé et ce qui était réellement dû. De quoi rappeler que la relation avec l’administration fiscale, aussi complexe soit-elle en apparence, peut parfois réserver de bonnes surprises au moment le plus inattendu. Reste à savoir comment ce petit bonus finira dans le budget du foyer : épargne de précaution, dépense plaisir, ou simple matelas pour la rentrée qui approche.

