Un poêle qui crépite, une pièce enfumée, et puis plus rien : le feu s’est emballé avant de s’éteindre tout seul, laissant derrière lui des traces de suie sur le mur et une peur rétrospective. Ce genre de frayeur, vous l’avez peut-être déjà vécue en ce début d’automne, quand on rallume le poêle après des mois de silence. Vous pensiez avoir fait le nécessaire en faisant ramoner votre conduit chaque année, consciencieusement, sans jamais sauter une saison. Et pourtant, quand il a fallu appeler l’assurance, la première question posée n’avait rien à voir avec le ramonage. Elle concernait un papier que vous n’aviez, pour être honnête, jamais pensé à fournir.
- L'article L113-2 du Code des assurances oblige à déclarer à son assureur toute installation d'un poêle à bois, car elle augmente le risque du logement
- Le certificat de conformité, attestant du respect du DTU 24.1, est indispensable pour valider cette déclaration auprès de l'assurance
- Un poêle non déclaré expose à une réduction d'indemnisation jusqu'à 20 %, voire à un refus total de prise en charge en cas de sinistre lié à l'appareil
Le ramonage annuel, ce réflexe qui ne suffit pas toujours à vous protéger
Ramoner son conduit chaque automne, c’est le réflexe que tout propriétaire de poêle à bois connaît par cœur. On le fait pour limiter les risques de feu de cheminée, parfois même parce que l’assurance l’exige en cas de sinistre. Mais cette habitude, aussi vertueuse soit-elle, ne couvre qu’une partie du problème. Installer un poêle à bois ou à granulés modifie en réalité le profil de risque de votre logement, aux yeux de votre compagnie d’assurance. Ce changement ne se limite pas à l’entretien régulier du conduit : il implique une démarche administrative bien plus large, et souvent négligée. Beaucoup de foyers français font ramoner leur installation avec sérieux, sans jamais penser à signaler son existence à leur assureur. Une omission qui peut coûter cher le jour où les flammes dépassent le cadre du foyer.
Ce que l’article L113-2 du Code des assurances attend vraiment de vous
Voici le détail qui change tout : la loi oblige l’assuré à prévenir son assureur de tout changement qui augmente le risque, selon l’article L113-2 du Code des assurances. Aucun texte ne cite nommément le poêle à bois, mais ce principe général s’applique parfaitement à votre situation. Un poêle constitue une nouvelle source potentielle d’incendie ou d’intoxication au monoxyde de carbone, donc une circonstance nouvelle qu’il faut déclarer dès la mise en service de l’appareil. Cette obligation concerne aussi bien l’installation d’un premier poêle que le remplacement d’un ancien système de chauffage. Pour valider cette déclaration, un document est indispensable : le certificat de conformité de l’installation, qui atteste du respect des normes en vigueur, notamment celles du DTU 24.1 pour le raccordement et la ventilation. Sans ce certificat, la déclaration reste incomplète, et votre assureur peut légitimement demander des pièces complémentaires pour vérifier que tout est en règle.
Les conséquences d’un oubli sont loin d’être symboliques. Un poêle non déclaré peut entraîner une réduction de l’indemnisation allant jusqu’à 20 % en cas de sinistre. Pire encore, si l’incendie est directement lié à l’appareil non signalé, l’assureur peut purement et simplement refuser toute prise en charge. Voilà pourquoi, après un départ de feu, la première question posée ne concerne jamais le ramonage : elle porte sur la déclaration de l’installation elle-même.
Pour y voir plus clair, voici un résumé des éléments à connaître :
| Situation | Obligation | Risque en cas d’oubli |
| Installation d’un premier poêle | Déclaration à l’assureur | Réduction d’indemnisation jusqu’à 20 % |
| Remplacement d’un ancien chauffage | Nouvelle déclaration obligatoire | Refus total d’indemnisation possible |
| Installation non conforme au DTU 24.1 | Certificat de conformité requis | Vérification approfondie par l’assureur |
| Plusieurs appareils (poêle, cheminée, foyer fermé) | Déclaration individuelle de chaque appareil | Couverture incomplète du logement |
Ce que je retiens de cette mésaventure pour mieux assurer mon poêle à bois
Depuis cet épisode, le ramonage reste au programme, bien sûr, mais il n’est plus la seule case cochée. Avant même de penser à la flamme qui réchauffe le salon pendant les longues soirées d’hiver, il faut d’abord penser au papier qui protège le portefeuille. Conserver précieusement le certificat de conformité, relire les conditions générales de son contrat, et surtout, appeler son assureur dès l’installation ou le remplacement d’un appareil de chauffage au bois : voilà les trois réflexes qui font désormais partie de la routine. Chaque appareil, qu’il s’agisse d’un poêle à granulés, d’un foyer fermé ou d’une simple cheminée, doit être signalé individuellement, car les risques couverts diffèrent selon le type d’installation.
Cette mésaventure n’a finalement rien coûté, si ce n’est une bonne frayeur et une leçon apprise à la dure. Mais elle rappelle une vérité simple : un geste d’entretien, aussi régulier soit-il, ne remplace jamais une démarche administrative. Alors, avant de rallumer votre poêle cet automne, avez-vous pensé à vérifier que votre installation figure bien sur votre contrat d’assurance ?

